Tosca: l’opéra au cinéma

2009 octobre 10
by Journaliste à bicyclette

Rien à voir avec le vélo, mais…

J’ai eu tellement de plaisir à écrire cet article publié aujourd’hui dans La Presse que je ne peux résister à l’envie de le mettre sur mon blogue, car après tout, celui-ci a été créé pour me permettre de parler « de vélo, de voyages et autres grands plaisirs de la vie ».

Quand j’étais jeune je voyais l’opéra à la télévision à l’émission Les Beaux Dimanches et je croyais que c’était quelque chose d’infiniment ennuyeux. C’était normal, car, d’une part, je n’avais pas la culture musicale nécessaire pour l’apprécier, et d’autre part, voir et entendre l’opéra à la télé n’est pas une bonne façon de s’initier.

L’opéra au cinéma, par contre, en est une excellente. Au lieu de payer un billet 75$ et plus pour l’Opéra de Montréal, on paie seulement 25$ et on a droit aux meilleurs chanteurs dans l’un des meilleurs opéras du monde, avec des gros plans et tout et tout.

À mon avis, la première expérience d’une personne à l’opéra doit se faire avec une oeuvre accessible, présentée dans une mise en scène captivante, et le fait de bien voir les interprètes est très important. La première fois que je suis allée à l’opéra c’était le Chevalier à la rose de Richard Strauss, et j’étais assise dans la dernière rangée de la Place des arts. Les personnages sur la scène étaient minuscules, et, en plus, Strauss n’est pas le plus accessible des compositeurs. J’ai cru que je n’aimais pas l’opéra à cause de tout cela. Mais si votre première expérience n’est pas concluante, il faut lui donner une seconde chance. J’ai déjà entendu des gens dirent qu’ils n’aimaient pas l’opéra quand, en fait, il ne sont jamais allés!

J’ai donc eu le coup de foudre pour l’opéra en assistant à La Bohème de Puccini au Grand-Théâtre de Québec, plusieurs années après ce rendez-vous raté avec Strauss. Décors et costumes somptueux, interprètes remarquables, histoire et musique émouvante, tout y était pour que je découvre qu’en fin de compte, j’aimais l’opéra!

Mais quelqu’un qui aurait vécu sa première expérience à l’opéra en assistant à MacBeth pendant la dernière saison de l’Opéra de Montréal, dans l’imbuvable mise en scène de René-Richard Cyr, en aurait sûrement conclut qu’il déteste. Bref, avant de juger, assistez à quelques productions différentes car si vous n’aimez pas la première fois, c’est peut-être tout simplement parce que vous avez eu la malchance de tomber sur une mauvaise production, ou sur une oeuvre plus difficile pour le profane.

Avec l’opéra au cinéma, vous avez la chance de tenter l’expérience plusieurs fois sans dépenser une fortune. Un autre truc pour mieux apprécier l’opéra: avant d’y aller, faites quelques recherches sur l’internet pour vous familiariser avec l’histoire et les noms des personnages principaux. Ou mieux encore: allez sur Youtube écouter les principaux airs de l’opéra en question, chantés par différents interprètes. Quand vous les entendrez par la suite pendant l’opéra, vous serez ravi de les reconnaître!

Et ce qui est le plus merveilleux avec l’Opéra au cinéma, c’est qu’il va me permettre de voir neuf oeuvres différentes en moins d’un an, pour le tiers du prix d’un abonnement à l’Opéra de Montréal, qui présente seulement cinq productions (auxquelles j’assisterai tout de même…)

Assez de bavardage, voici enfin l’article.
Dans un opéra près de chez vous


L’art lyrique est de retour sur nos écrans avec la série « Metropolitan Opera, en direct et en haute définition », dont c’est la première aujourd’hui. On présente Tosca de Puccini dans une nouvelle mise en scène. La soprano finlandaise Karita Matilla interprète le rôle-titre, et la direction musicale est assurée par James Levine.

C’est une quatrième saison pour cette formule qui démocratise l’opéra en donnant la chance au public du monde entier de voir et d’entendre les artistes du Met en direct sur grand écran. L’objectif du Met était d’élargir son public en se lançant dans cette entreprise de diffusion à grande échelle. Celle-ci ne cesse de prendre de l’expansion, et les représentations ont maintenant lieu dans plus de 17 pays.

La programmation de cette année fera place à neuf chefs-d’oeuvre très appréciés des mélomanes. Tosca de Puccini, Aïda de Verdi, Turandot de Puccini, Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, Der Rosenkavalier de Richard Strauss, Carmen de Bizet, Simon Boccanegra de Verdi, Hamlet de Thomas et Armida de Rossini sont au menu et présentés une seule fois en direct, jusqu’en mai prochain. Des rediffusions intégrales sont prévues quelques semaines après la première pour chacun des opéras.

Plácido Domingo

Parmi les faits saillants de cette saison, mentionnons la présence de Plácido Domingo dans le rôle-titre de Simon Boccanegra, et la mise en scène de Franco Zeffirelli pour Turandot, dans une production devenue un classique du répertoire du Met et favorite du public.

Si, pour vous, l’opéra sur écran évoque surtout des souvenirs d’enfance de l’émission Les Beaux Dimanches, sachez qu’il s’agit là d’une expérience totalement différente. La technologie moderne permet des plans rapprochés, une image impeccable, une meilleure vue du jeu des acteurs que si l’on était assis dans la salle, sans oublier le son diffusé en ambiophonie.

Les opéras étant diffusés en direct, l’on devait aussi trouver un moyen d’occuper le public de cinéma pendant l’entracte. La question a été résolue par un reportage dans les coulisses du Met. Il permet de visiter l’envers du décor et d’observer le travail qui se déroule en catimini. L’an dernier, la soprano américaine Renée Fleming animait ces incursions, interrogeant au passage artistes, maquilleuses et autres complices du spectacle.

Une formule populaire

Avec des prix allant d’environ 22 dollars par opéra pour les abonnés, à 25 dollars pour l’achat d’un seul billet, il s’agit d’une bonne façon de s’initier à l’art lyrique, et le public y adhère avec enthousiasme. Le succès de la formule ne se dément pas, selon Isabelle Gosselin, porte-parole de Cineplex Divertissement.

La possibilité d’accéder à deux pas de chez soi aux productions de l’une des plus grandes maisons d’opéra du monde en fait un événement très couru.

« L’an dernier, plusieurs représentations ont fait salle comble et la production la plus populaire, Madame Butterfly, a été rediffusée deux fois pour répondre à la demande », indique Mme Gosselin. La chaîne Cineplex a d’ailleurs augmenté de 10% le nombre des salles qui diffusent l’événement cette saison.

Au cours des années précédentes, beaucoup de spectateurs arrivaient sur place deux heures avant le début de la représentation pour s’assurer les meilleures places. Ce ne sera plus nécessaire, puisque désormais, certains des cinémas participants de Cineplex Divertissement offrent la possibilité d’obtenir des sièges réservés.

Opéra de Montréal

Quant aux amateurs d’opéra de Montréal, ils pourront, s’ils le souhaitent, comparer deux interprétations d’une même oeuvre. En effet, deux des productions à l’affiche, Tosca et Simon Boccanegra, sont aussi au programme de l’Opéra de Montréal cette année.

Des abonnements sont encore disponibles. Pour s’abonner, on doit se présenter dans un cinéma participant. Au total, 22 cinémas diffusent l’opéra en direct du Met au Québec. En dehors de la grande région de Montréal, on peut y assister à Québec, Trois-Rivières, Gatineau, Granby, Drummondville, Sherbrooke et Jonquière. L’horaire des représentations et la liste des cinémas sont disponibles sur le site cineplex.com sous l’onglet « événements ».

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